Des falaises blanches aux falaises ocres

Toutes les sorties ne se ressemblent pas et celle de Marseille nous a fait découvrir ou redécouvrir le charme des Calanques. En ce week-end de l’Ascension, les prévisions météorologiques annoncées n’étaient à priori pas favorables à la navigation. Beau temps mais Pétole ! Et pourtant, ce n’est pas exactement ce qui s’est passé, car au cours de ces quatre jours de soleil, Eole nous a quand même envoyé son souffle pour nous offrir de très belles journées de navigation.

1er jour : mouillage à l’Ile Riou

L’ensemble des équipiers étant arrivés la veille, les trois Dufour de 40 pieds, loués par le Club ont pris le large vers 10h30 quand un vent d’Est de Force 4 s’est levé. Direction l’île Riou, les équipages ont navigué au près et enchainé – histoire de se mettre dans le bain – quelques virements de bord avant d’atteindre le point de mouillage pour le déjeuner, à la Calanque Monasterio. Comme de coutume au CCIF les bateaux se sont mis à couple pour partager tous ensemble le déjeuner. Etant dans le Sud et vu la température, la boisson anisée a eu du succès auprès des navigateurs assoiffés. Après quelques baignades rafraichissantes, les voileux du CCIF ont repris la route à 16h00 direction le port de la Ciotat pour y passer une soirée de grande convivialité et une bonne nuit au calme. L’illumination du chantier naval de la Ciotat reconverti en une plate-forme dédiée à la construction, la rénovation et à la maintenance de bateaux de haute et moyenne plaisance vaut bien le détour. Néanmoins, malgré une mer d’huile, la soirée fut un peu mouvementée par la sortie inopinée d’un bateau de la SNSM (sauveteurs en mer) pour une intervention d’urgence.

2ème jour : la surprise du Cap Sicié

L’intention d’atteindre l’île de Porquerolles a poussé les équipages à quitter le petit port tranquille de la Ciotat vers 9h30 pour retrouver le même vent d’est de la veille. Pour atteindre l’objectif des 30 miles à parcourir, le déjeuner en navigation s’est imposé. C’était sans compter la surprise du Cap Sicié qui semblait à première vue si facile à passer. Il a bien fallu 6 heures et de nombreux virements de bord pour enfin le dépasser aux alentours de 16h30. Cependant, c’est en frôlant le cap Cepet qu’un des équipages a croisé un magnifique banc de dauphins noirs et gris. Les voiliers qui avaient réussi à passer le Cap Sicié rapidement en s’appuyant sur le moteur pour se recaler au vent ont fait route jusqu’à l’île de Porquerolles. Les autres ont préféré s’arrêter dans le petit port de Saint Mandrié où une autre récompense les attendait. Proche de la base militaire de Toulon, c’est un grand sous-marin qu’ils ont croisé. La chaleur du jour a encouragé certains à aller se baigner dans l’eau cristalline de la petite plage près du port, complétement déserte après le départ des plagistes de la journée.

3ème jour: Nuit dans la Calanque de Port Pin

Avant de prendre le large, les navigateurs de l’Altaïr ont fait un petit tour au marché pour s’approvisionner en poissons frais directement auprès des pécheurs. Pour le troisième jour, tous les équipages avaient envie d’un mouillage autour de l’île des Embiez, et surtout de passer une nuit magique dans une des plus belles Calanques de Marseille. Mais ce n’était pas gagné car les week-ends ensoleillés et chauds encouragent les plaisanciers à passer la nuit au mouillage. Le départ vers 10h n’était guère prometteur puisque une mer d’huile sous un soleil de plomb embrassait nos équipages. C’est avec plaisir, qu’à hauteur de l’Ile des Embiez, ils ont ressenti les premières caresses d’un vent de sud-est. Enthousiastes, ils ne se sont pas fait prier pour hisser grands-voiles et génois. L’arrivée au mouillage à la Tour Fondue fut retardée pour favoriser quelques exercices en mer et aider les moins aguerris à se familiariser avec les manœuvres dans des conditions favorables à l’apprentissage. Ce fut une nouvelle occasion de faire des manœuvres de mouillage et de mis à couple, pour ensuite faire retentir l’écho des claquements de verres remplies d’eau anisée pour certains et d’eau parfumée au sucre de canne et jus de citron pour d’autres… D’autres encore en ont profité pour se baigner dans une eau fraiche, mais transparente et lumineuse. C’est vers 14h00 que les voiliers se sont désenlacés pour une route en direction de Cassis. A hauteur du magnifique Bec de l’Aigle, qui porte bien son nom par sa forme, un équipage a eu la chance de voir sauter et voler hors de l’eau une très grande raie Mobula, appelée communément en méditerranée « Diable de Mer » à cause des deux cornes qui ornent sa tête. Vers 18h00, les voiliers en escadre ont choisi de mouiller dans la Callanque de Port Pin. Mais pour y entrer il a fallu jouer des coudes avec la horde de bateaux touristiques qui baladent ceux qui n’ont pas la chance de naviguer sur des voiliers. Et quand il a commencé à se faire tard, les plaisanciers d’un jour sont repartis dans leurs foyers pour laisser place aux bateaux du CCIF. Une fois la Callanque vide, les copains du club se sont encore amusés dans l’eau avant de passer une nouvelle soirée de grande convivialité. Certaines âmes d’enfant se sont essayées à la grimpée de la chaine d’ancrage…

4ème jour : Iles du Frioul

Le dernier jour, la matinée fut sans vent mais a permis aux équipiers de photographier le long de la côte les plus beaux paysages tel que le célèbre Bec de l’Aigle. Même scénario que la veille, en fin de matinée le vent du sud-est s’est levé et les voiliers ont élégamment glissé sur une mer calme jusqu’au mouillage de l’île du Frioul pour le rituel des bateaux à couple avant le déjeuner. Certains ont créé une « banane » de fortune avec un pare-battage et une aussière pour jouer au rodéo marin. L’après-midi s’est terminée par une très belle navigation au portant dans la rade de Marseille d’où l’on pouvait clairement voir sur son rocher la basilique Notre-Dame-de-la-Garde surnommée la « Bonne Mère » et plus bas le Mucem (Musée des Civilisations et de la Méditerranée), nouvelle fierté marseillaise. Un retour dans deux ports différents, certains au vieux port de Marseille et d’autres dans le Port Corbières, situé à deux pas de l’Estaque.